Home

Départ de Nice pour le Japon tôt le matin. Escale à Francfort, puis Boeing de cinq cent places pour une douzaine d’heures. On s’installe tranquillement, mais une heure après le décollage, le commandant de bord nous apprend que l’avion doit faire demi-tour. Avec force apologizes, il nous annonce qu’un des moteurs étant en panne (il en reste trois !), il est obligé de rebrousser chemin… Aïe !

Un départ assez rock, mais bon… on craint d’attendre des plombes à Francfort avant le prochain décollage, mais le commandant nous annonce assez vite qu’un départ est prévu cinq heures plus tard… Plus inquiétant, il nous informe qu’on est obligé de rester en vol plus de temps que prévu étant donné que les réservoirs de l’avion sont remplis à bloc. J’avais déjà entendu dire qu’un atterrissage avec un avion trop plein de carburant était assez dangereux, mais bon, on finit par atterrir… néanmoins poursuivi par des camions de pompiers. 

Retour dans l’aérogare qu’on commence à bien connaître. En dédommagement, la compagnie Lufthansa nous accorde généreusement un ticket repas de dix euros. En attendant, je reprends la lecture du nouveau Murakami acheté pour me mettre dans l’ambiance japonaise. Comme d’habitude, chez cet auteur, il y a du bizarre, du dérangeant, de l’inquiétante étrangeté. 

Le temps passe, puis on fait de nouveau la queue pour reprendre un autre avion. Nouvel envol, cette fois sans problèmes, si ce n’est que les sièges de cet avion sont complètement défoncés. Mal assis dans un espace confiné pendant douze heures, j’ai le dos qui souffre. On regarde des films, on lit, on dort, on mange et surtout on surveille la progression de l’avion sur l’écran : on survole toute l’Asie et ses immenses déserts. Enfin du bleu, la mer du Japon, des îles… On atterrit, on est au Japon.

Plusieurs contrôles très sérieux avec prises d’empreintes, photos et plusieurs documents à remplir avant de sortir de l’enceinte, puis bus pour le centre d’Osaka. On traverse de grandes avenues bordées par d’immenses  idéogrammes et de dessins genre manga.  On se rendra vite compte de l’univers graphique généralisé des villes. Les idéogrammes se prêtent parfaitement au gigantisme et aux couleurs vives. La pub est omniprésente.

Arrivés au centre d’Osaka, on découvre la ville : grandes avenues, voitures, taxis en gants blancs (pas tous), vélos partout et dans tous les sens, autobus, façades d’immeubles couvertes d’images et de signes, c’est un peu étourdissant et différent de nos villes européennes. Il y a beaucoup de monde dans les rues, une grande densité de gens affairés : salary-men en costume noir et cravate, jolies écolières en uniformes gris et foulards, étudiants à cheveux colorés. La jeunesse domine nettement. 

CAA98DD4-4792-4BBF-A923-54148FEC68F3

Arrivés à notre Ryokan (auberge traditionnelle japonaise), on découvre nos chambres hyper dépouillées et parfaitement dessinées : chaises et tables basses avec nécessaire pour le thé. Tatamis, portes coulissantes en bambou couvertes de papier de riz. On marche en chaussettes sur le tatami. Tout est rangé dans de grands placards muraux, rien ne dépasse. Ça respire et ça inspire le calme, le repos. J’ai lu que les Japonais pour se détendre passent des week end dans des ryokan proches de chez eux.  Attenant à la chambre, une coursive fermée (par des baies coulissantes) surplombant un petit fleuve sur lequel circulent des bateaux de touristes. 

1B813101-4B55-4BAE-A130-36716D852C88

 On sort. Les rues sont bondées en cette fin d’après-midi. Les boutiques sont pleines à ras-bord de choses et de gens. On croise des jeunes en tenue excentrique, des flâneurs, des mémés qui marchent à petits pas, beaucoup de jeunes filles souriantes, quelques femmes en kimono traditionnel, une geisha pas loin d’un théâtre de kabuki, etc. Il y a de très nombreux restaurants – je dirais plus qu’en Europe-. Des affiches et enseignes lumineuses vantent le bœuf de Kobé, réputé excellent, les poulpes, les araignées de mer, les homards, etc., souvent en immenses effigies en plastique sur les façades déjà chargées d’idéogrammes stylisés. Les rues ont une allure de bandes dessinées, de mangas, à moins que ce soit l’inverse. 

0C2A9E21-D951-45D4-97D8-D9CF5BED59FC

On se ballade dans des passages couverts. On est frappé par le nombre de boutiques de fringues, d’objets à des prix ultra réduits : des chaussettes à doigts décorées, une infinité d’objets pour la maison, plein de petites choses, d’animaux mignons en peluche, en céramique, en bois et en plastique, une grande pet shop (boutique de vêtements pour animaux).  Il semble que les Japonais aiment beaucoup les animaux. En revanche, on n’en voit peu  dans les rues.

2388C9AA-8594-431D-9151-93D1532D1FDB

La mode est partout très présente, les vitrines des boutiques proposent toutes de jolies choses. Les prix ont l’air beaucoup plus bas que chez nous. Un monde fou remplit les rues (il y a un sens de la marche), comme chez nous à la période des soldes. Le commerce est vécu semble-t-il très différemment. On sent un intérêt pour le client à qui on veut faire partager l’attrait de ce qui est vendu, peut être vécu comme un moment de partage. C’est assez bizarre, mais il y a dans leur culture quelque chose de l’ordre de la déférence dans l’échange. J’attends de mieux comprendre…

Fatigués par le voyage et étourdis par ces rues débordantes d’activité, on se réfugie dans un restau. C’est à l’étage, on prend l’ascenseur. Les cartes et menus sont hyper colorées, avec des photos de tous les plats, écritures bariolées, idéogrammes aux couleurs vives. On a du mal à choisir. Heureusement guidés par nos amis Hatsuo et Dvorah, on dine agréablement d’une soupe (ramen) de pâtes et légumes suivie de beignets d’écrevisses. Il y a beaucoup de fritures de poissons et de fruits de mer, insularité oblige…

Première nuit au Ryokan. Sommeil troublé, réveil à une heure, puis on se rendort jusqu’au matin, jet lag digéré.

Petit dej, puis on quitte Osaka pour la visite d’Himeji, le plus beau château du Japon, un chef d’œuvre d’architecture de bois et de plâtre. Appelé le « Héron blanc » pour son apparence élégante blanche de murs en plâtre, tel un héron déployant ses ailes. 

218C8290-3351-43CA-A8C4-6CB7269EEE0B

Daté de 1580, il a été agrandi puis plusieurs fois remanié et habité par quarante-huit seigneurs successifs. Cinq étages de salles où on accède par des escaliers très raides. Entouré de douves et de meurtrières carrées, rondes et triangulaires, le château est très différent de nos châteaux forts. Ses toits successifs en forme de pagode où le noir et le blanc se juxtaposent, ont un charme fou. Ces toits en pagode aux bords relevés comme s’ils étaient suspendus aux quatre coins par des fils invisibles renvoient à ceux des tentes des peuples nomades ancestraux. Ces toitures ont bien entendu aussi une fonction symbolique de lien entre la terre (la forme carré) et le ciel (le cercle). La courbure réservée aux édifices prestigieux remonte au moins au XIe siècle et signale traditionnellement le monde des élites. Les tuiles vernissées noires jointées de blanc (plâtre) créent une vibration visuelle très agréable à l’œil.

On grimpe les cinq étages du château par de hauts escaliers en bois. Bien sûr, comme nous le ferons souvent, on se déchausse pour pénétrer dans les maisons et certaines boutiques (aux sols en bois). En chaussettes, les chaussures à la main dans un sac plastique fourni à l’entrée, on traverse de grandes salles séparées par des rebords à glissière où devaient se loger des portes. Aux murs, des aménagements en bois pour y déposer les sabres. On découvre une armurerie et des cachettes ou pouvaient se dissimuler les soldats lors d’attaques. 

8F4BCD06-6F7B-460A-B141-267814ADBE4BOn monte les étages jusqu’à un petit temple qui domine l’ensemble. La tradition veut que l’on actionne une cloche pour appeler le kami – l’esprit du lieu, puis on tape deux fois dans les mains et on médite ou on prie un instant devant les offrandes (de fruits) destinés au kami. 

848CB702-195F-4178-8BCA-27BE52A7670B

En sortant du château, on admire de très beaux contreforts en pierre. Cette architecture est un jeu de construction très complexe de poutres, de portes et de fenêtres donnant sur la campagne environnante. L’ensemble est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Aux pieds du château, le quartier général des samouraïs et les jardins du seigneur (Köko-en) : plusieurs jardins de style et de compositions végétales différentes, deux étangs remplis de gros poissons très colorés (carpes), un ruisseau avec cascade, des minis paysages reflétant le besoin de sérénité des seigneurs. CBE0059D-264F-41F2-8989-2A30ACFA9CA8

Un pavillon est consacré à la cérémonie du thé. On n’allait pas manquer ça. Reçus avec  beaucoup de bienveillance et de révérences par des hôtesses en costume traditionnel, le thé est préparé à partir d’une poudre d’un joli vert soutenu sur laquelle de l’eau chaude est versée, puis avec un petit balai très complexe, l’ensemble est remué d’une façon particulière assez énergique. Le geste doit être précis et l’hôtesse nous apprend ensuite à faire le mélange en guidant notre main pour que nous sentions bien le bon mouvement. Le thé est bien entendu délicieux. Il est accompagné d’un petit gâteau (à base de haricots à chair blanche)  en forme de fleur. Un moment rare où on sent un peu de l’âme et de la culture du pays que peu à peu on essaie de pénétrer.

B3B5DD46-3EF6-4FEA-A575-A8C1D64FC3F8Photo Hatsuo

Retour à la gare pour un train à destination de Kurashiki, une petite ville qui a conservé un joli quartier traditionnel à maisons basses et rues étroites dont une très jolie allée qui borde un ruisseau sur lequel veillent de beaux saules pleureurs.

508DB7BF-3545-4E7C-AF9C-9E7F8E36FE09

Les boutiques d’artisanat traditionnel (broderies, magasins de thé, de céramiques diverses, de vannerie, d’objets de maison en bambous, etc., sont très fréquentées. 

 9190E619-8021-4B8B-85B2-569E4BA772EA

On dort dans un petit lodge. Petit déjeuner dans une boulangerie traditionnelle où on trouve étonnement des croissants et des pains au chocolat à la mode d’ici, délicieux, accompagnés d’un thé vert. Spécialiste du thé à la menthe à la manière marocaine (voir mon film : https://m.youtube.com/watch?v=i533RQbp5fI&feature=youtu.be), je découvre les délices du thé vert à la japonaise (il en ont différentes qualités). On en a acheté une variété « grillée ». À goûter.

Puis départ en car, puis en train, puis en car et enfin en ferry pour la Mer Intérieure jonchée d’îles (des milliers). Du bateau le paysage est paradisiaque…

à suivre… Chronique 2

https://alainamiel.wordpress.com/2018/10/28/1081/

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s