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On n’est plus dans la Mer Intérieure, mais à Kyoto..

Kyoto, depuis qu’on nous en parle comme la perle du Japon, on s’était fait une idée fausse d’un havre de paix avec de jolis temples partout, et des rues à maison basses de l’ancien Japon, comme dans les estampes. C’est en fait une immense ville. Les avenues principales sont très larges, à plusieurs voies bordées d’immeubles où les architectes s’en sont donné à cœur joie. Une ville disparate avec aussi de toutes petites rues à maisons d’un ou deux étages. Les distances sont grandes entre les principaux lieux à voir et il y en a beacoup. Il faudrait y passer au moins dix jours. Ancienne capitale impériale et religieuse, c’est aussi une ville ultramoderne et hyperactive. La gare de Kyoto est une ville en soi avec des dizaines de couloirs, d’étages, de commerces et de quais pour les trains allant dans toutes les directions.

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Arrivés en fin d’après-midi, on s’installe dans notre ryokan, fréquenté uniquement par des étrangers, contrairement à ceux que nous avons eus jusque là dans la Mer Intérieure. Notre petite chambre est une pièce à quatre tatamis (les dimensions sont standardisées, à tel point qu’on compte la taille d’une piece en tatamis : 8 tatamis pour une bonne pièce).

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Le tatami est le revêtement traditionnel des sols des temples, des dojos (où se pratiquent les arts martiaux), mais aussi des pièces d’habitation. Constitué de couches de paille de riz superposées et entrecroisées puis compressées, et recouverts d’une natte de paille tissée. Il est vert bambou quand il est neuf, puis prend une couleur jaune paille en vieillissant. Utilisé par la noblesse, à partir du 17ème, il se démocratise pendant la période Edo.

On dort sur le futon posé sur le tatami. Le futon est replié en journée pour laisser respirer le tatami. Très graphique avec ses bordures de tissu noir ou coloré, il embellit les sols. Les murs très simples en papier de riz et portes coulissantes complètent la beauté pure et simple des pièces japonaises. Un dessin ou un tableau au mur suffisent comme décoration. Tout est rangé dans les placards. Au sol, seulement une table basse laquée et deux sièges. Sur la table, un nécessaire à thé.On doit bien sûr être pieds nus ou en chaussettes pour ne pas user le tatami.

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Dans notre nouvelle chambre, nettement plus petite que celle de l’hôtel de Shodoshima, il y a néanmoins une salle de bain attenante, et tout ce qu’il faut pour petit déjeuner : frigo, bouilloire et thé. C’est très pratique : on achète dans les « 7Eleven », leur Monop local, des pains au raisin et petits gâteaux pour le matin. Le ryokan propose aussi un service de petit dej avec œufs au bacon et poisson, mais mon estomac n’est pas d’accord pas ce genre de nourriture au réveil.

La nuit est tombée, on décide d’aller passer la soirée à Gion, ce que nous conseille le routard. C’est un vieux quartier adorable au bord d’une rivière, avec des restaus chics et bobos. La ballade est super : rues étroites, jolis petits immeubles bordés d’arbres, petits ponts, restaus dorés. C’est plutôt dans ce quartier qu’il faudrait séjourner.

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On dîne dans un restau italien pour changer. On l’a choisi car il est placé dans un bel environnement. Assis face à la rue, on déguste le paysage en même temps que des pâtes (manger des spaghettis avec des baguettes nécessite un entraînement, mais on s’en tire bien. On mangera des frites, des grains de maïs, des olives et des haricots, plus difficile…). Retour à l’hôtel, on élabore plus ou moins un plan de visites (on n’a plus nos amis pour nous conseiller), mais il y a tellement à voir.

A tout seigneur, tout honneur, le Palais Impérial s’impose comme première visite. Situé dans un grand parc au nord de la ville, on marche une bonne heure (erreur, il y a des bus bien organisés et faciles à utiliser). L’ancien palais impérial est très grand, composé de plusieurs beaux bâtiments à toits en pagode. La visite est gratuite mais organisée. On doit suivre un parcours qui nous amène de bâtiment en bâtiment depuis celui des visiteurs qui attendent d’être reçus par l’empereur, jusqu’à ceux où il vit avec sa famille et sa cour.

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Les chambres qu’on ne voit que de l’extérieur sont décorées de fines peintures aux teintes douces et à l’or fin. On se promène dans des magnifiques jardins à ponts et reflets dorés. Les jardiniers ici sont des artistes. Chaque arbre est redessiné, taillé selon des méthodes ancestrales (on a vu des jardiniers sur des échelles occupés à épiler les pins). 

Les arbres ainsi taillés sont pensés pour composer un paysage évoquant la sérénité et l’amour de la nature. Chaque arbre doit avoir sa propre personnalité et concourir à l’harmonie de l’ensemble. Des petites mares, des eaux ruisselantes, des sols mousseux, des ponts, des bâtiments en noir et blanc avec leurs toits en forme de pagode, tout respire le silence et le calme. L’Empereur, probablement stressé par la gestion difficile de son peuple avait sans doute besoin de se ressourcer dans cet environnement d’une nature faite pour la sérénité de l’esprit.

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A l’agence du tourisme situé près du palais, on se renseigne sur Katsura, une villa impériale que nos amis nous avaient fortement conseillé et où il était nécessaire de réserver sa place. Ce que nous avons fait. La guide nous indique aussi l’endroit où prendre le bus pour le Pavillon d’Or, une des merveilles de Kyoto. En chemin, j’ai perdu mes lunettes. Elles doivent être toujours au Palais Impérial (j’ai heureusement une autre paire).

Arrivé près du Pavillon d’Or, il y une foule immense (on est samedi, les gens sont de sortie) : beaucoup de très jolies jeunes filles en costume traditionnel à tissus colorés, fleurs dans les cheveux, chaussettes blanches et claquettes, quelquefois accompagnées de leur amoureux, lui aussi en costume traditionnel. On découvre le Pavillon d’or, une petite bâtisse toute dorée à la feuille d’or insérée dans un magnifique jardin. On s’y promène, mais plutôt bousculés par les Japonais en goguette qui ont l’air de beaucoup s’amuser. Le jeu principal étant de se faire prendre en photo sur fond de Pavillon d’or et de jolis arbres qui, en cette saison, commencent à rougir. C’est très beau.

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Retour à la gare par le bus, bien épuisés, mais nous décidons de monter dans la Kyoto Tower. L’ascenseur grimpe très vite les cent mètres. D’en haut, dans la soucoupe rouge, on a l’impression d’être dans un jeu vidéo avec toutes sortes de lumières clignotantes, de musiques, d’appels publicitaires, de groupes qui chahutent, etc. La vue est  à 360°. De là, on comprend mieux cette ville bordée de collines aux pieds desquelles sont souvent les grands temples shintoïstes et bouddhistes. On les voit grâce à des grandes jumelles à la disposition du public. On a de grands écrans tactiles où on peut se balader pour mieux les repérer.

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Le lendemain, visite de la villa Katsura, très éloignée du centre. Un bus nous y mène. On commence à bien savoir s’en servir. Il faut dire que c’est très bien indiqué et qu’il y a partout des panneaux de signalisation. On paye le bus à la descente. On met la monnaie directement dans une caisse. Le prix est indiqué sur les écrans qui indiquent aussi le prochain arrêt et les suivants (avec les dessins-logos des lieux a visiter). 

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Cette villa impériale est de toute beauté. Pensée comme une villa d’agrément pour l’Empereur qui s’y rendait en chaise à porteurs, elle est entourée de jardins et de plusieurs petits pavillons pour prendre le thé devant de jolis arrangements d’arbres, de ruisseaux (où nagent de grandes carpes colorées et blanches). 

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Ce qui frappe ici, c’est la recherche de beauté auprès de la nature, de pureté, de simplicité, de sérénité. Contrairement à l’Europe où nous avons de beaucoup plus grands palais, plus riches, couverts d’œuvres d’artistes et d’artisans d’art, de sculptures et de peintures grandioses, bien sûr très belles, il y a chez cette noblesse japonaise un besoin de simplicité, de raffinement lié à la beauté d’une nature entièrement repensée et maîtrisée. Les jardins de Versailles par exemple, subliment aussi la nature, mais une nature plus organisée, plus géométrisée.

Pas très loin de la villa Katsura, j’avais repéré la ville d’Arashiyama qui recèle une des plus belles bambouseraies du monde. Comme nous étions samedi et qu’il faisait beau, il y avait une foule énorme le long de la route qui y mène. C’est une promenade très prisée des Japonais et particulièrement des kyotoïtes qui s’y rendent en famille et souvent en costume traditionnel. C’est un spectacle  exceptionnel de voir des groupes de jeunes filles très élégamment vêtues se promener le long du chemin qui traverse la bambouseraie. Il y a des jeunes qui tirent des pousse-pousses avec des visiteurs assis à l’ancienne.

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Les jeunes filles en kimono se prêtent parfaitement à nos photos devant les magnifiques bambous d’une dizaine de mètres de haut.

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Dernier jour à Kyoto, encore trois sites beaux et intéressants (je n’ai plus assez d’adjectifs pour décrire toute cette beauté, voyez plutôt les photos).

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En premier on se rend à Fushimi pour admirer ses milliers de torii (portes indiquant le passage du profane au sacré). Elles sont toutes d’un bel orange et constituent des sortes de galeries qui grimpent dans la colline.

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Deuxième site sublime : le Pavillon d’Argent, une petite merveille (j’ai été néanmoins un peu déçu car je pensais qu’il était couvert d’argent comme le Pavillon d’Or est couvert de feuilles d’or). C’est aussi une petite bâtisse enserrée dans un très joli jardin qui se continue par la Promenade des Philosophes qui monte à travers les bois. On ne l’a pas toute faite. Je ne suis encore qu’un petit philosophe…

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Ce qui caractérise ce Pavillon, ce sont les très beaux jardins minéraux japonais (ça me donne envie d’en faire un). De jolis sables blancs admirablement peignés avec des râteaux particuliers, et ça et là, disposés avec art, de belles pierres. Une composition d’une grande pureté. L’autre composition est un tas de sable en forme de cône tronqué rappelle le Mont Fuji. 

Dernière ballade, dernier temple à visiter, Dera. 

Là encore (c’est dimanche et il fait beau) des dizaines de milliers de personnes, des temples aux intérieurs sombres et surchargés, une grande foi partagée… j’ai adoré le son grave d’un gong qui semblait résonner en moi, j’ai tapé deux fois avec le lourd marteau en bois et cordes sur la cloche renversée. J’ai enregistré le son, je vais le monter en boucle.

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Retour tardif à l’hôte, dîner. Demain, dernière étape, Tokyo

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