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Jacques Amiel

Biographie

Né le 30 septembre 1939 à Rabat. Troisième enfant de Elie et Renée Amiel, une famille juive marocaine, Jacques passe une enfance sereine.
L’appartement familial où vivaient ses grands parents, ses parents, ses frères et sœur, était situé  dans un immeuble très convivial avec une cour centrale remplie d’enfants devenus ses premiers amis. Dans ce joli immeuble bâti en 1930 logeaient des famille juives, musulmanes, catholiques françaises et portugaises.
Il était plus particulièrement lié à la famille Cohen dont un des nombreux enfants, Raphaël, dit Raphy, deviendra son meilleur ami (Raphy sera peintre et exposé plus tard dans la galerie des Belles Images, dirigée par André, dit Momo, le frère aîné de Jacques).

Jacques est né au début de la guerre, mais heureusement, le bruit des canons et les mesures discriminatoires envers les Juifs n’arriveront que quelques années plus tard, atténuées par Mohammed V, roi du Maroc, qui n’a pas accepté qu’on les oblige à porter l’étoile jaune. Néanmoins, les pétainistes qui ont pris le pouvoir ont fait exclure les Juifs des écoles et les ont obligés par périodes à ne pas quitter le mellah, le quartier juif de Rabat enserré par de grandes murailles.
L’arrivée des Américains en novembre 1942 va être accueillie avec un immense soulagement et une grande joie. Arrivés d’Espagne, des Canaries et d’Angleterre, l’opération Torch dirigée par Dwight Eisenhower est une réussite. Les quarante mille soldats ont vite défait les troupes fidèles à Pétain. Les Américains prennent le pouvoir et réorganisent l’état et l’administration. La représentation reste française, mais la réalité du pouvoir est américaine. L’ambiance change totalement au Maroc.

En face de l’immeuble où habitait Jacques et sa famille, des camions américains viennent occuper un grand garage. Leur arrivée est fêtée par le quartier. Ils distribuent des chewing-gums et des bonbons au chocolat aux enfants. Jacques, qui avait quatre ans, est devenu leur chouchou. Un des frères Cohen qui parlait bien l’anglais s’est lié avec des soldats qui venaient lui rendre visite pour le grand plaisir des familles heureuses de le recevoir. Des amitiés qui ont duré. Après la guerre, il n’était pas rare de recevoir des cadeaux des américains qui ne les avaient pas oubliés.
« À la maison, on avait un gramophone, un 78 tours sur lequel on écoutait des disques de Mahalia Jackson, Louis Amstrong… On écoutait aussi Radio Maroc, à l’époque en langue française. Il y avait des feuilletons qu’on suivait. Je lisais des Bandes Dessinées comme Tintin, Fantômas, Tarzan…  L’été, on allait à la plage de Rabat ou de Salé en prenant une barque pour traverser le Bou-regreg. »

Les choix scolaires étaient limités, codifiés : les musulmans allaient dans des écoles coraniques, les Juifs dans les écoles juives de l’Alliance (AIU), et les français dans des écoles françaises.
Renée, sa dynamique mère a demandé un rendez-vous au Proviseur du lycée Gouraud, le lycée français de Rabat, pour tenter d’inscrire Jacques qui a six ans. Sous le protectorat français, les écoles françaises n’acceptaient que très peu d’enfants n’ayant pas la nationalité française. Seuls quelques privilégiés arrivaient à franchir cette barrière.
Jacques est habillé de neuf, short et pull à col marin, tenue des enfants sages de l’époque, et se rend avec sa mère chez le Proviseur.
Après avoir demandé à sa mère si elle était française et appris qu’elle était marocaine, il se tourne vers Jacques et lui demande s’il sait lire et compter. Première question : 8 fois 7, puis d’autres multiplications. Il écrit ensuite une ligne au tableau que Jacques doit lire. En maths, en calcul, il avait de grandes aptitudes.
Impressionné, le proviseur se tourne vers sa mère et lui dit que, pour lui être agréable, il allait voir avec l’équipe du lycée s’il était possible de l’intégrer.
Une semaine après, arrive une lettre : il était accepté. C’est un grand jour, sa mère est très contente. Il se sent valorisé.
Jacques commence sa scolarité en classe de 10e. Il se retrouve avec des enfants différents de ceux qu’il fréquente habituellement, d’un autre milieu.
« Tous les matins, en arrivant, on chantait La Marseillaise avec levée de drapeau. À midi, je mangeais sur place et revenais seul à la maison, plus d’un kilomètre de marche. Je faisais mes devoirs sur la table de la salle à manger. À la sortie, les cochers et des chauffeurs en livrée venaient chercher les enfants des riches et des diplomates ». Pour Jacques, qui n’était jamais monté dans un fiacre ou une voiture, c’était un spectacle étonnant.
Son institutrice, Mademoiselle Mazalto et l’école lui plaisent. Il se sent privilégié. L’école a été pour lui un autre monde, une autre façon de vivre. Il comprend alors qu’il y avait différentes manières d’être et que c’était à lui de choisir sa vie : ne pas obéir aveuglément à ce qu’on lui dit, mais lire, se renseigner, se documenter, avant de faire des choix. « Pour réussir, il est nécessaire de se différencier, ne pas faire comme les autres, sinon on n’a que peu de chances de réussir ».
Avec son ami Georges Pintos, devenu commissaire police et Raphy, devenu peintre, ils aimaient parler, de sciences, de sport, de géopolitique.


ECB995DF-AAE1-4BBD-AB81-34EDF4E963C8Très jeune, le scoutisme a répondu à son besoin d’action. À Rabat existaient deux organisations de scouts, une Française et une juive, l’UEJF, toutes les deux organisées par tranche d’âge.
Très actif et volontaire, Jacques franchit les degrés du scoutisme : éclaireur, chef éclaireur, marcheur et chef marcheur. Dirigeant un groupe, iI partait souvent en camp dans les forêts environnantes.
Au lycée, il pratiquait le rugby. Particulièrement courageux et rapide, il était respecté par des joueurs beaucoup plus « baraqués » que lui.

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Plutôt intéressé par des études scientifiques, il s’inscrit en Mathelem. Il fréquente alors Khalid ben Abdallah : « l’homme le plus extraordinaire que j’ai rencontré à cette époque. On travaillait ensemble. Il était très fort en maths, m’expliquait les problèmes, trouvait les solutions. Parallèlement, en sport, il était champion du Maroc de saut en hauteur junior et senior. Khalid était un jeune homme modeste, grand, dégingandé et gentil avec qui je m’entendais bien. »
Cherchant un job d’été, une cousine de son père qui travaillait à la base aérienne américaine de Kenitra fait embaucher Jacques comme store keeper. Après le déchargement de bateaux remplis de marchandises arrivés des USA, il devait les ranger avec un chariot élévateur. Un travail qui lui permettait de bien aider ses parents et d’avoir de l’argent de poche.

Il réussit son premier baccalauréat, envisage de poursuivre des études scientifiques, mais ses parents qui passaient une période financière difficile lui ont demandé de quitter ses études et de travailler. Pour subvenir aux besoins de la famille, il est embauché comme élève géomètre.
Deux ans plus tard, il reprend ses études, Une période difficile où « il fallait s’accrocher pour reprendre ». Il passe le deuxième baccalauréat, et obtient une bourse.
Il fait une première année de MPC à la Faculté des Sciences de Rabat, puis sur les conseils d’un ami étudiant à Montpellier, il se décide à poursuivre ses études en France.
Avec de petites économies et la vente de sa quatre chevaux, il avait de quoi tenir quelques mois. À Montpellier, il choisit un cursus d’ingénieur. Pour gagner sa vie, après avoir fait plusieurs petits boulots, il trouve un travail au PMU. Pendant cinq ans, tous les dimanches, il trie les tickets des vainqueurs du tiercé.
Il mène une vie d’étudiant bien remplie et obtient une licence de Maths, Physique, Chimie. Il rejoint ensuite Paris pour suivre les cours de l’Institut d’Administration des Affaires.
Curieux, éthique, ayant une grande ouverture d’esprit, il s’intéresse à de nombreux domaines : l’actualité politique, les sports. Fan de cinéma, il est un habitué de la cinémathèque de la rue d’Ulm puis de Chaillot. Il est aussi un grand lecteur de polars. Durant ses études à Paris, il habite pendant cinq années à la Maison du Maroc, puis prend un studio rue Monsieur le Prince. Son premier emploi d’ingénieur est chez Stockvis, une entreprise de machines outils avec des bureaux à Paris et Ivry. Il occupe un poste d’ingénieur pour machines à commandes numériques malgré son problème de nationalité marocaine grâce à un ami ingénieur.

Invité au mariage de son ami Maurice Halioua, dont il était chef de groupe pendant sa période scout, et plus tard, à Montpellier son correspondant, il rencontre Gladys venue avec son frère Gaby Benzaquen, ami de Maurice Halioua.
Jacques et Gladys sympathisent, dansent ensemble. Cette belle fille juive lui plait. Ils se revoient puis voyagent quinze jours en Israël dans un club de vacances.

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Au retour, ils commencent à vivre ensemble et six mois après, décident de se marier et de fonder une famille. À la naissance de Patrick, leur premier enfant, ils changent de maison. À cette époque, ils obtient la nationalité française pour lui, sa femme et son fils Patrick..
En 1973, suite à la crise du pétrole, il est licencié de Stokvis. Il travaille alors pendant six ans chez EAM, une entreprise de machines outils. Son patron, voyant son implication au travail et ses compétences, décide de lui confier la gestion d’une entreprise faisant partie du même groupe où il dirige cinquante trois personnes.
Il s’installe à Clamart dans un joli appartement de fonction avec jardin d’hiver.
Il voyage très souvent pour son travail, fait des milliers de kilomètres, se rend notamment en Italie, près de Turin où il est en contact permanent avec les ingénieurs de grandes sociétés comme Olivetti avec lesquels il met au point de nombreuses machines.

En 1984, son patron, M. Lavigne, tombé malade, la boîte est rachetée. Il élabore alors un projet d’entreprise spécialisée dans l’étude et la fabrication de machines de contrôle d’étanchéité, et en 1984, crée la société Trace. Il trouve un partenaire financier et industriel, M. Bertrand, de l’entreprise AMS.
Il développe son entreprise qui emploie de trois personnes au début à une quinzaine d’ingénieurs de haut niveau aux spécialités différentes : mécaniciens, électronicien, hydrauliciens, pneumaticiens, automaticiens, etc.
Esprit analytique, volontaire, battant, il a consacré un temps très important à ses différents emplois puis à sa société. Ce qui l’intéresse, c’est dans un contexte très concurrentiel, de créer ou d’adapter des machines pour trouver des solutions originales moins coûteuses en temps, donc en argent, aux problèmes que rencontrent les constructeurs automobiles ou aéronautiques. Il se spécialise dans l’étanchéité des pièces, un problème essentiel pour les constructeurs automobiles.
Gladys, devenue radiologue, travaille dans différents hôpitaux parisiens, surtout à la Pitié- Salpetrière. Ils mènent une vie très active. Il voyage beaucoup pour son travail, mais continue à aller au cinéma, au théâtres, à l’opéra, etc..
Deux autres enfants : Ève et David naissent. Toute la famille s’installe à Clamart dans une jolie villa face au bois.

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Patrick, son fils aîné, est devenu ingénieur informatique à Paris et père de deux enfants. Sa fille Ève, médecin, est malheureusement décédée très jeune, à l’âge de 27 ans, lui causant une blessure indélébile. Son deuxième fils, David, est actuellement ingénieur informatique à San Francisco, père également de deux et bientôt de trois enfants.

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Pendant vingt ans, son entreprise Trace dépose douze brevets innovants intéressant particulièrement les industries automobiles et aéronautiques. Actuellement, plus de 350 applications sont encore opérationnelles, dont certaines depuis plusieurs années. Trace fait maintenant partie du groupe international Marposs à qui Jacques Amiel a cédé son entreprise en prenant sa retraite.

Après sa retraite, il est resté très actif, pratiquant le golf, la gymnastique, le bridge, et surtout s’est passionné pour les cours au Collège de France. Toujours inventif et dynamique, il poursuit des recherches dans différents domaines.
S’intéressant au fléau des ouragans, il fait des enquêtes très poussées pour y apporter des solutions. Il crée la société HAL (France) et dépose plusieurs brevets permettant de lutter contre ce qui entretient l’énergie des ouragans, et vise donc à son affaiblissement et à son extinction. Il dépose plusieurs autres brevets : sur les batteries, sur le football, etc.

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Pendant sa retraite, il joue au golf, au bridge et se passionne toujours pour l’actualité, les sciences et les sports. Il a continué à voyager avec Gladys, découvrant la Russie, la Chine, les États Unis et grâce à David, San Francisco et la Silicone valley.
Malheureusement, en novembre dernier, agressé cruellement par une grave maladie, il a été brisé par des traitements agressifs et inefficaces. Très pragmatique, il a décidé d’arrêter ses traitements et de vivre le mieux possible le temps qu’il lui restait.
Il a retrouvé alors son énergie et vécu des moments heureux entouré de ses enfants, de sa famille et de ses amis qui l’ont comblé d’amour et d’affection.
Pour ses quatre-vingts ans, le 30 septembre, une partie de sa grande famille l’entourait de son affection. Tel un patriarche entouré des siens, il était rayonnant.

***

Gladys

Jacky chéri, 46 ans d’amour, tu m’as offert une belle vie. Toujours ensemble nous étions très complémentaires.
Nous avons eu la chance d’avoir trois merveilleux enfants Patrick, Eve et David qui ont toujours été notre joie et notre fierté, et nous les avons gâtés autant que l’on a pu. Il nous l’ont bien rendu. Ils nous ont offert quatre et bientôt cinq merveilleux petits enfants : Julia, Raphaël, Nathanael et Ava et bientôt un bébé dont tu espérais faire la connaissance en janvier.

Eve nous a quittés beaucoup trop tôt, nous causant une blessure indélébile. Elle est restée tous les jours et tous les instants dans notre cœur et dans nos conversations. Ce malheur a encore plus soudé notre famille au point que tu nous a quittés en novembre, la même semaine qu’Eve, et tu vas la rejoindre, j’en suis sûr.

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Avec les enfants, nous avons passé de merveilleuses et nombreuses vacances. Les étés joyeux au Maroc dans la maison de plage de Sylvia, et très souvent au Club Med dont tu étais un grand fan. Ce furent de belles vacances, nous avons été très heureux tous ensemble.
Puis les enfants ont grandi, ont commencé à faire leur propre vie, nous avons découvert les croisières dans les Caraïbes, Tahiti, la Méditerranée, et encore il y a quelques mois, la Corse et l’Italie. Nous avons visité le monde la Russie, la Chine, les États Unis, la Thaïlande, le Cambodge, la Norvège, jusqu’au cercle polaire, le Canada, le Mexique, et grâce à David, San Francisco et la Silicon Valley.
Tu adorais recevoir et pour les fêtes de Roch Hachana et Paques, tu aimais présider avec autorité de grandes tablées, devenues des traditions familiales heureuses.

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Avec ton beau regard d’un bleu intense, ton sourire bienveillant, tu aimais aider les autres et les conseiller. Très direct, mais sincère, toujours disponible et à l’écoute, ton amitié fidèle va nous manquer et aussi au grand cercle d’amis que tu as su rassembler.
Jacky, tu étais un homme doux, passionné, au grand cœur, d’une grande ouverture d’esprit. Très cultivé, tu t’intéressais aux sciences, à la géopolitique, aux sports, au théâtre, au cinéma, à la Comédie Française. Éclectique, tu appréciais toutes les musiques de Brassens au jazz, aux opéras. Les discussions avec toi étaient toujours passionnées et enrichissantes.
Toujours animé d’une grande volonté pour réaliser ce qui te semblait important, tu as créé une entreprise que tu as développé avec succès. Passionné par la recherche, tu as déposé de nombreux brevets innovants intéressant particulièrement les industries automobiles et aéronautiques, mais également dans de très nombreux autres domaines. Et Jusqu’à ses derniers mois tu as continué à déposer de nouveaux brevets. Trace fait maintenant partie du groupe international Marposs à qui tu as cédé ton entreprise en prenant ta retraite.
Après la retraite, tu es resté très actif. Nous nous sommes mis au golf, à la gymnastique, au bridge, et surtout tu t’es passionné pour les cours au Collège de France où tu allais très régulièrement, même pour une heure de cours avec deux heures de transport. Tu aimais partager avec nous tes nouvelles connaissances. Tu m’y as même entraîné plusieurs fois. Tu as créé des relations personnelles avec plusieurs de tes professeurs.
Malheureusement, en novembre dernier, la maladie t’a agressé cruellement, et notre vie a changé. Brisé par des traitements agressifs et inefficaces, très pragmatique, tu as décidé d’arrêter les traitements et de vivre avec nous le temps que tu pourrais et de le vivre mieux. Tu as retrouvé ton énergie et nous avons vécu de bons moments. Nos enfants, nos amis, notre famille nous ont comblé d’amour et d’affection.

Tu as été courageux, t’efforçant de continuer à voir des spectacles, faire des petits voyages. Nous marchions tous les jours quatre à cinq kilomètres. Pour tes quatre vingts ans le 30 septembre, tel un patriarche entouré des tiens, tu étais rayonnant. Tu disais que c’était les plus beaux mois de ta vie.
Mais malheureusement, il y a un mois tout a recommencé et malgré ta douleur et ta fatigue, tu es resté volontaire et autonome jusqu’au dernier jour pour ne pas m’abandonner. Cette année, nous l’avons vécu en symbiose totale motivés par l’amour et l’espoir. Tu étais moi, j’étais toi, nous étions un vrai couple. Aujourd’hui, je suis perdue sans toi.

Que Dieu t’offre une belle place auprès de lui dans la lumière avec Eve et Serge. Tu étais un homme exceptionnel, je t’aime et te remercie du bonheur que nous avons vécu. Protège tes enfants qui t’aiment et t’ont toujours admiré.
Je remercie tous les médecins qui ont tenté de le traiter et essayé de le soulager. Je vous remercie tous du fond du cœur, amis et famille d’être venus lui dire adieu. Gladys

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David

Papa, si je devais te décrire en un mot ce serait sans aucun doute le mot « Passion ». Car tu étais vraiment un passionné. Et tes deux plus grandes passions ont été sans aucun doute ta famille et ton travail.
Ta famille dont tu ne voulais jamais te séparer. Ne serait-ce que pour un instant. Je n’ai jamais vu un couple faire autant de choses à deux : cinéma, théâtres, Collège de France…). Tu n’avais pas les mêmes  goûts que nous, mais pour toi, le plus important, c’était de faire les choses ensemble. Pour preuve, hier on a recherché des photos de toi pour le cimetière. Impossible d’en trouver une sans maman, tes enfants ou tes petits enfants dans les bras.
Ta deuxième passion a été pour ton métier. Ton métier d’ingénieur/inventeur/ créateur d’entreprises pour lequel tu as passé de nombreuses heures. Je ne me souviens pas t’avoir vu rentrer à la maison avant 20h30. Mais c’est comme cela que tu as réussi à nous transmettre l’importance d’avoir de la passion pour tout ce que l’on fait. Tu nous as éduqué par l’exemple.
Et cela a marché pour tes trois enfants qui se sont aussi passionnés : deux pour le métier d’ingénieur, et Eve, qui avait la passion de la médecine aurait pour sûr aidé à faire avancer la recherche médicale.
Et toute cette passion, tu me l’a transmise, sans jamais me pousser à travailler à l’école. Mais tu m’as très bien fait comprendre sans jamais le dire que pour que tu soies fier de mois, je me devais de réussir dans ma voie. Quelque soit cette voie.
Par exemple, quand tu as vu que je me passionnais pour le poker au lieu d’essayer de m’arrêter, tu m’as directement emmené dans un cercle de poker parisien. Et nous avons passé une journée mémorable. Après, quand tu as vu que finalement je partais pour une carrière dans l’informatique financier, tu as quand même été bien soulagé.
Cette façon que tu as eu de nous faire comprendre tes sentiments et tes attentes sans jamais nous les exprimer a complètement changé cette dernière année.
Toute cette année, tu nous a constamment parlé de ton amour pour nous et de ta fierté et de la chance que tu avais d’être aussi bien entouré. Et cette année, tu as aussi voulu nous protéger en nous préparant pour ce moment, pour que l’on ne souffre pas trop et que l’on ait aucun regret. Grâce à ta préparation, nous n’avons aucun regret (seulement de la tristesse de ne plus t’avoir avec nous).
Pour finir, je voudrais tous vous remercier pour avoir été si présents pour lui, spécialement durant cette année. Quand je suis venu en août, à la fin de mon voyage, il n’a cessé de me répéter que même s’il n’avait jamais senti de douleurs aussi violentes, il avait passé le meilleur été de ta vie, grâce à nous (ta femme, tes enfants, ta famille et tes amis) qui l’avons entouré comme jamais.
Donc, de sa part et de notre part, je voulais vous dire Merci. Je t’aime Papa.
David

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Patrick

Mon père Jacques aimait à dire « j’ai eu une vie bien remplie. » Il nous racontait souvent les mille et un métiers, de guichetier du PMU à chef d’entreprise, en passant par prof de maths, commercial et président de syndicat. ll racontait également ses années d’étudiant fauché à Montpellier avec nostalgie.
C’était un père très généreux mais aussi très exigeant. Il était droit, cultivé et pendant longtemps, il a lu en intégralité Le Monde quotidiennement. Je me souviens ainsi des cours d’histoire qu’il me faisait réviser en ayant à peine survolé la leçon.
Il était aussi un peu colérique parfois mais toujours rempli d’amour et épris de justice pour ses enfants.
C’était un vrai ingénieur, passionné de technique qui m’a transmis ce goût du savoir et des études. C’est aussi lui qui m’a permis de trouver très tôt, en primaire, ma voie professionnelle.
Il est resté lucide jusqu’au bout et a su profiter de cette année de répit. Bien sûr, il a eu physiquement des haut et des bas, mais il a su trouver la force de faire de nombreuses sorties avec ces proches. Il a fait preuve d’un grand courage devant la maladie et surtout, ce qui m’a le plus impressionné, de rester philosophe face à sa mort annoncée.
Je voudrais remercier toutes les personnes ici présentes, les personnes qui venaient très régulièrement le voir et le dévouement exceptionnel ma mère Gladys qui s’est occupé de lui en permanence depuis l’annonce de sa maladie jusqu’au dernier jour.

Patrick

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Suzanne

Affectueusement Jacky était d’abord mon cousin, puis mon beau-fils et surtout père de mes si beaux David et Patrick et leurs familles.
Ton ordinateur et ton téléphone sont orphelins. Ils étaient tes compagnons nuit et jour. Que dire de lui ?
Il était si beau, très bon et très généreux, et surtout d’une droiture sans bornes et d’une patience et d’une persévérance sans limites. Lorsqu’il avait décidé de réaliser un projet si insurmontable soit-il, il y mettait tout son être jusqu’à la réussite parfaite du projet. La preuve : tout jeune, sans moyens, seulement grâce à des petits boulots, il a réussi ses études, puis travaillant avec acharnement, à réussi à aider ses parents et à les rapprocher de lui, et en même temps à se faire apprécier par ses employeurs.
Puis l’amour est arrivé, le grand amour avec délicatesse et finesse. C’était le coup de foudre de part et d’autre : Gladys et Jacky pour la vie !

Ambitieux tous les deux et sérieux, ils avaient décidé d’un commun accord qu’ils réussiraient – et ils réussirent. Lui, a créer une grande entreprise, et elle, à devenir neuro radiologue tout en créant une famille merveilleuse et trois beaux enfants.

Puis le malheur est arrivé: Ève, que tout le monde connaît ici : d’une beauté et d’une intelligence éclatante, après une réussite parfaite, est partie, laissant Jacky et Gladys souffrant le martyr. Voilà bientôt quinze ans, tous les jours au cimetière avec une rose. Et voilà que le mal qui l’a emportée est venu aider Jacky à la rejoindre.
Gladys, Patrick et David mes chéris, vous avez eu la chance d’avoir un mari et père exemplaire. Que Dieu vous aide à supporter sa disparition. Il aurait voulu que vous restiez unis envers et contre tout autour de votre si jolie et courageuse maman. Aidez-la par votre amour et votre union. Vous n’êtes que deux à supporter son veuvage.
Merci Jacky pour tout le bonheur et les joies que tu m’as donnés, merci pour la tombe que tu as offert à Serge que je pleure jour et nuit. Mon seul grand regret est de n’avoir pas pu vous précéder dans la tombe. N’ai-je donc tant vécu que pour souffrir autant ! Dormez en paix mes chéris.


Suzanne

——

 

Morgan Benzaquen a écrit une chanson en hommage à Jacques

Just a Tuesday morning they let me know you were gone

Jacky is the friend that make who to mean to you
I woke up this morning and I wrote down this song
Just Cant remember who to send it to

I have seen fire and I have seen rain
I have seen sunny day, I thought would never rain
I have seen lonely time where I could not find a friend
But I always thought that I will see you again

Once you look down, and help me god

You ve got to help me make a stand

You have got to see me though an other day

Byebye Jacky, time means that end
I make it in the other way

I have seen fire and I have seen rain
I have seen sunny, I thought would never rain
I have seen lonely time where I could not find a friend
But I always thought that I will see you again

Walking my mine through an easy time
my back turn toward the sun
Don’t know the cold wind blow
it will turn you head around
There was a time all the time for live talk about things to come
Sweet dreams and time machine and this on the ground

I have seen fire and I have seen rain
I have seen sunny, I thought would never rain
I have seen lonely time where I could not find a friend
But I always thought that I will see you again
Can I see you one more time again
There is just a few thing that I want to tell you again.

Morgan

——

Alain

Jacky, le temps de la consolation 

Ce que tu étais pour moi, pour nous
Tu le seras toujours

Il y a un an, tu m’avais averti
De ta mort annoncée
Je ne t’avais pas cru
Comment croire à l’absurdité,
À la cruauté, à l’horreur de la mort ?

J’ai beaucoup pleuré devant toi
Tu m’avais consolé

On a fêté ton anniversaire
quatre fois vingt ans de vie bien remplie
Tout au bout de la table,
Bien entouré des tiens
Tu étais royal, rayonnant 

Tu nous as quittés
un matin à onze heures
La veille, tu m’avais dit : j’espère
Mais ton heure est venue
Sage et fataliste,
tu avais su l’attendre

La famille, les amis
t’ont entouré de leur tendresse
Ils t’ont consolé
Ils nous consolent aujourd’hui

Mais consoler n’est pas guérir
On ne guérit pas du manque,
de la perte, de l’absence, de l’indicible

Une feuille de l’oliver d’Eve
T’accompagne sous la terre

Jacky, mon frère
Le destin du corps n’est rien
A côté de celui de l’âme
Par la parole et l’affection
Tu restes dans nos cœurs
Au delà du temps, l’amour continue.

Alain

Julien Benaïm

Jacky
Mon si cher cousin
Tu nous manques et nous manqueras toujours.
Tu fut le piler de ta famille mais aussi celle de notre famille. Cette belle famille juive marocaine descendant des Amiel  et des  Attias, de notre grand père Elie Attias dont tu avais les beaux yeux et l’esprit d’entreprise et de notre grand mère Zamila dont tu avais l’energie, l’intelligence, et l’esprit de construction. Tu as été comme nous une charnière entre deux mondes, celui de notre enfance sortie du mellah heureux et moyenâgeux et de l’Occident. Cette double identité nous à faits.
Tu étais toujours là pour aimer et soutenir notre grande famille. La vie a séparé géographiquement les émigrés et immigrés que nous sommes mais toujours un lien fort nous unis, nous tes cousins qui t’aimons.
Sois en paix Jacky
Julien Benaim

 

Si vous désirez contribuer à cet hommage à Jacques, merci d’envoyer votre texte ou photos à Gladys.

 

 

 

 

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