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Christian Ruiz a toujours aimé dessiner. Remarqué très tôt, ses professeurs de dessin lui demandent de concevoir l’affiche pour les fêtes d’été de sa ville, Créteil, puis à 14 ans, il réalise pour la cinémathèque l’affiche de « King Kong » avec la femme blonde dans la main (gouache) qui sera suivie de très nombreuses autres.
Grâce aux cours du grand dessinateur Joël Pommot, à leur amitié et aux dessins faits ensemble au jardin des plantes, son œil et sa main se perfectionnent. Il voudrait suivre un cursus artistique, mais son père s’y oppose. Il souhaite plutôt qu’il fasse des études religieuses.

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À seize ans, Christian prend néanmoins la décision de s’inscrire aux Beaux Arts de Paris dans la classe de Roger Plin : « on faisait des dessins, des esquisses à la mine de plomb, au fusain, jusqu’à cent par semaine. J’ai appris mon solfège avec Roger Plin : mains, champignons, fleurs, modèles vivants, etc. »

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Pour tenter de convaincre ses parents de la justesse de son choix, il expose dans le salon de l’appartement familial les dessins sélectionnés par ses professeurs. Quand il revient, ils avaient tout enlevé : « j’étais humilié, vexé, mais finalement, c’est un peu grâce à eux que je me suis acharné. Toute ma vie, j’ai voulu leur prouver que je réussirais ».
Son Maître Roger Plin viendra chez ses parents les faire changer d’avis,  mais sans succès. Christian prend alors la décision de quitter la demeure familiale. Il va habiter dans une petite maison abandonnée appartenant à la famille d’un ami et faire des petits boulots. Pour survivre, il travaille dans la triperie d’un voisin puis trouve un emploi de monteur de stands pour Citroën. Il retape progressivement la maison qui devient son atelier.
Il ne se réconciliera avec ses parents que vingt ans plus tard, quand sa mère lui demandera de réparer une vierge en plâtre cassée dans un déménagement. Il la restaure parfaitement, la rend plus belle qu’avant. Son père reconnaît alors qu’il s’était trompé et lui fait ses excuses.

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Aux Beaux-Arts, grâce aux cours de Roger Plin, il apprend à connaître l’art de l’Antiquité, le Moyen-âge oriental, l’Égypte, l’Art Roman, et de plus : « À la bibliothèque des Beaux-Arts, j’ai eu l’honneur qu’on m’ouvre les tiroirs de dessins de Rembrandt, des études de Géricault, etc. »
En 1983, il participe à sa première exposition de groupe à la Maison des Beaux Arts de Paris, rue Bonaparte. Plin lui ayant conseillé d’apprendre la mosaïque, il travaille pendant trois ans avec le grand mosaïste italien Riccardo Licata, particulièrement sur des représentations byzantines. En 1986, il réalise avec lui un triptyque monumental.

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Les expositions se succèdent. En 1987, la Galerie Jacques Debaigts, boulevard Saint Germain, organise sa première exposition personnelle. La même année, Soulages qui a vu une de ses œuvres exposées, l’invite au Salon Réalités Nouvelles puis au Grand Palais.
En 1989, il obtient un atelier à Montmartre, une reconnaissance qui le pousse à de nombreuses remises en question. Après dix ans de figuration, l’abstraction l’attire, il cherche sa voix dans un entre deux entre abstrait et figuratif.

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Pendant trois ans de travail intense, de « fouilles en lui-même », soutenu par de plus en plus de collectionneurs, il ne cesse de créer. Sa rapidité le fait surnommer le Shumacher de la peinture. Il peint sur tous les supports, réalise des sculptures et des meubles.
Il doit ensuite quitter son atelier qu’il occupe depuis trois ans (normalement attribué pour une année) et connaît alors des difficultés financières. Grâce à un de ses frères, il fait la rencontre de Jean Paul Faye, un grand décorateur qui travaille pour Saint Laurent, Onassis, Dassault, etc. Faye qui avait en cours un gros chantier, l’embauche aussitôt. Pendant huit ans, il travaille avec lui en Italie, en Allemagne, un peu partout en France : « Faye a remplacé mon père comme Plin avant lui ».Malheureusement Faye décède brusquement. Tous les corps de métier lui demandent alors de reprendre la suite, d’organiser le travail, de faire les choix pour finir les deux maisons en cours.

Ce dernier chantier sur les hauts de Saint Paul l’amène à visiter Vence. Ce beau village médiéval le charme, il imagine qu’il aimerait bien y prendre sa retraite. Trouvant un local qui lui convient pour un futur atelier, il l’achète, pensant qu’il y viendrait en vacances, mais n’ayant rien à faire de spécial à Paris, il s’y installe.

Une émission de télé où Pierre Soulages raconte sa pratique de la peinture et explique son amour pour le noir va le bouleverser et impacter son art : « comme m’avait dit Plin, un jour,  il est temps de faire le grand plongeon ».
Dans son atelier, il revisite Vermeer, Delacroix, Picasso, Léger, Ingres, et Bonnard, dont il se sent très proche.
Comme son maître Roger Plin, il cherche ses inspirations dans toutes les époques : Moyen-âge, Byzance, l’art roman, les arts primitifs, etc. Tout l’intéresse et le nourrit.

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Ses projets sont d’abord travaillés au fusain. La couleur, l’équilibre des tons, sont pensés ensuite.
Il puise dans son quotidien la matière de ses créations, peint ce qu’il appelle : « des réalités visuelles » : un visage, une petite fille avec un parapluie qui passe, un coin de nature… : « Je commence par oublier tout ce que j’ai appris… j’essaie de ne pas refaire quelque chose que je maîtrise ». Il s’agit de prendre des risques. L’art doit être autre chose que ce qui est attendu, il doit surprendre, et en premier, son auteur.

Dans ses œuvres, éléments figuratifs, patterns, textures, se complètent. Sous une abondance de formes enserrant des couleurs se dissimulent des personnages qui n’apparaissent que dans un deuxième temps, quand l’œil s’est habitué à l’exubérance.
Dans un rébus de matières et de couleurs, des yeux vous regardent, des mains, des bras, des jambes jouent à cache-cache avec des motifs décoratifs et de minuscules icônes récurrentes, des gribouillis, des damiers, etc.

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Il réalise aussi des séries : tourbillons, rondes, jardins d’enfants qui expriment des réalités mouvantes, un vocabulaire inépuisable de formes, de tons, de symboles.
L’art de Ruiz est généreux, prolixe, joyeux. Il est comme Picasso un jouisseur de la peinture, de la vie : « Être artiste ce n’est pas être un ouvrier de l’art mais un ouvrier de la vie ». Il faut « aimer son métier, aimer les gens, la vie, aimer le plus possible ». (Van Gogh disait : « il n’y a rien de plus artistique que d’aimer les gens ».)
Le plus important pour Christian, c’est ce qui va naître demain. « Chaque jour, partir d’une énergie différente ». Il rêve de peindre de très grands formats comme L’atelier de Courbet, La Ronde de Nuit de Rembrandt. 

Dans sa galerie atelier sur rue, il communique facilement avec les gens. Il est un artiste en dehors des salons, des galeries, du jeu habituel de l’art, en prise directe avec les passants avec lesquels il aime partager sa vision de l’art.

© Alain Amiel, 2020


Atelier Christian Ruiz

10 chemin de Sainte Colombe (au pied des remparts)
Vence
Site Internet : http://www.peintures-artistiques-ruiz-vence.com

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