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Éditions du Rocher.  

Né à Nice en 1975, Hélios, passionné de musique a suivi les cours du Conservatoire de cette ville. Mais « insoluble dans les institutions », il a poursuivi en autodidacte sa formation de clarinettiste à l’instar de son grand-père, dont il a conservé l’instrument et le costume qu’il porte parfois sur scène.

Devenu compositeur, il reçoit ses premières commandes de pièces classiques et compose des œuvres d’avant-garde et s’installe à Rouen avec sa femme chanteuse.  

La découverte d’une berceuse composée dans un camp de concentration déclenche chez lui un grand intérêt sur cet aspect trop peu connu de la Shoah : trois à cinq mille partitions (de la musique de danse à l’opéra) ont été composées dans les camps.
C’est à des fins de propagande, pour duper la Croix Rouge qu’une petite élite culturelle a été rassemblée et autorisée à former des orchestres, à donner des représentations théâtrales et des opéras, souvent en présence de hauts dignitaires nazis. Theresienstadt, dit Terezin a particulièrement servi de vitrine, de « camp modèle » pour camoufler la vraie nature des déportations. On doit à Francesco Lotoro, un musicien italien, des recherche approfondies ainsi que la recension de partitions et de témoignages.

Hélios Azoulay a repris et adapté plusieurs de ces compositions particulièrement denses et chargées d’émotion, faisant revivre ainsi tout un pan de la musique de l’Est occulté par l’histoire qui a donné lieu en 2015 à un livre accompagné d’un CD  « L’enfer a aussi son orchestre » qui redonnait vie à plusieurs de ces œuvres et évoquait ces destins brisés.

Pendant toutes ces années de recherches et de création, un cheminement inconscient s’est fait. Un nouveau livre est né répondant à la nécessité d’une autre approche.
« Juste avant d’éteindre » est une fiction où l’auteur se projette dans l’histoire tragique de la déportation d’un jeune musicien qui ne possède qu’une valise remplie de partitions et de notes dont il sera dépossédé.

Dès le début du livre, les images se succèdent, cinématographiques : la grande porte noire du camp avale une file grise et dense d’humains décrépits sous la pluie. La file n’avance pas malgré les « shneller ! » des soldats allemands. Ensuite ce sont les papiers à remplir, la visite médicale, l’entassement, la nuit, la faim, l’attente, les déjà morts, la tentation du suicide…

Dans l’impossibilité de composer, le narrateur déchire des petits bouts de papier pour inscrire des « impressions », des petites choses vues, un « journal de ses yeux » où chacune de ses phrases peut être vue comme un flash, une séquence d’un film désespérant sur l’humanité.

Dans une deuxième partie, le narrateur rêve qu’il a fui (à moins que ce ne soit la réalité). Une aventure fantasmagorique commence où il boit un chocolat chaud (dégueulasse) chez une vieille dont le chien ne mord que les Juifs (il ne l’a pas mordu). Cette fuite tourne court. Repris, il sera mis dans un wagon dont il voit la porte se fermer… Noir.

Pour décrire l’indicible et ne pas trop en dire (comment en dire plus que Primo Lévi ?), l’écriture d’Hélios Azoulay est incisive, rythmée, comprenant des blancs entre les mots, des vides, de sauts de pages, des titres de chapitres ramenés à des chiffres… Une langue résolument moderne nourrie de cinéma et de métaphores éblouissantes.

« Juste avant d’éteindre » Vient de paraître aux Éditions du Rocher.  

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