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Lors d’une première visite en Haïti en 2011, un an après le séisme meurtrier qui avait causé plus de 300 000 morts et détruit des dizaines de milliers de maisons et les grandes infrastructures routières, Ernest Pignon Ernest avait été fasciné par son « incroyable foisonnement ».
Il y avait rencontré alors le grand écrivain Lyonel Trouillot qui se battait pour la démocratie et luttait contre les sectes et la dictature oppressante qui dévastait son pays.
il a été sensibilisé par son œuvre et celle de Jacques Stephen Alexis (1922-1961), écrivain, neurologue et homme politique assassiné par le régime de Duvalier (sans doute enseveli sommairement, on n’a jamais retrouvé son corps). 

« Fils de la Caraïbe et de l’indien américain, héritiers de la vieille Europe, de l’Espagne et de la France, j’ai choisi sans équivoque les familles humaines qui m’apparaissent comme les plus proches de moi, la famille nègre et la famille latino-américaine… ». (Jacques Stephen Alexis).

Ernest a été fortement imprégné de l’âme et de la poésie de ce pays. Nourri par les lectures de ces deux grands écrivains humanistes, il y revient en 2019  pour tenter d’y faire résonner leur message. 
À ses impressions nées de tout ce qu’il a appris et senti, l’artiste ajoute une analyse objective et plastique des lieux où il va insérer ses dessins pour, à nouveau, « rendre présents » ces auteurs en insérant sur des murs choisis leurs portraits.

Cette exposition présente ce travail : les recherches graphiques et les photographies des collages in situ qu’il a dû interrompre suite à des menaces  qui l’ont obligé à retourner en France plus tôt que prévu.

Conformément à sa pratique, il a inserré ses dessins dans des lieux emblématiques comme la Cathédrale de Port au Prince détruite par le tremblement de terre ou dans des rues choisies préalablement.

Ces  dessins sont remarquables par l’émotion qu’ils dégagent : accumulations de croix, représentations de saints, de vierges enchaînées, de mains coupées et du corps d’une femme nue, celui de Anacaona (fleur d’or) poète et compositrice assassinée par les envahisseurs espagnols en 1503, toujours commémorée dans l’art et la littérature des Caraïbes. L’artiste en a réalisé un très beau pastel rouge sang à taille humaine d’une présence étonnante et particulièrement émouvante.  

Grâce à une multitude d’images, de signes et de textes et à la qualité exceptionnelle de ses dessins, l’artiste a créé des œuvres très denses, cultivées et documentées qui mettent au jour la réalité profonde du pays.

toutes photos : © Adagp, Paris, 2021 / Courtesy Galerie Lelong & Co.

Ernest Pignon-Ernest 
Haïti, le secret cheminement du sang
9 septembre – 10 novembre 2021
38 avenue Matignon, Paris

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