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D’Artémis à Baroncelli
Sur les traces des trésors enfouis au large des Saintes-Maries de la Mer

Depuis son entrée en 1979 au Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM), Luc Long a mené de très nombreuses fouilles sous-marines au Gabon, en Lybie, à Malte, etc., avant de découvrir avec son équipe à l’occasion des fouilles du Rhône à Arles, un chaland romain (à voir au Musée d’Arles antique) et surtout en 2007 un superbe buste de Jules César daté de 46 avant notre ère, une des rares sculpture réalisée de son vivant.

Le musée Arles Antique, dit « Musée bleu » construit en 1995 pour abriter les collections archéologiques particulièrement riches de la ville a bénéficié d’une extension en 2012 pour accueillir les nouvelles découvertes, notamment celles issues du port fluvial d’Arles et de son avant-port maritime des Saintes-Maries-de-la-Mer, au débouché d’un ancien bras du Rhône (le Rhône de Saint Ferréol.

Dans la très poétique et instructive introduction de son livre, Luc Long évoque ses jeunes années de plongeur (déjà !) dans une pizzéria des Saintes-Maries où il flânait entre ruelles, barques de pêche, salicornes, marais et rivage en rêvant aux marins venus d’ailleurs et aux bateaux échoués dans ces étendues immenses de sables fins et de limons. 

Initié à la plongée sous-marine, il savait que cette nature mouvante avait enseveli des vestiges importants dont seuls quelques témoins étaient conservés, comme les deux lions en marbre de l’église des Saintes dont il ne reste qu’une vague forme.

Plus tard, stimulé par les découvertes annoncées dans la presse (il en fait le résumé dans son livre), il entame de sérieuses études universitaires qui le mèneront naturellement à l’archéologie sous-marine.  À 26 ans, il entre au DRASSM et commence à plonger au large des Saintes-Maries.

Luc Long et Jules

Il existait déjà un catalogue de 400 navires échoués dans la région qui va lui être utile pour approfondir ses recherches et établir plusieurs cartes qui révèlent la concentration d’épaves au large des Saintes, à l’embouchure de l’ancien bras du Rhône dit de Saint Férreol.

Les cinquante épaves repérées dessinent en fait la forme d’un littoral antique (à trois kilomètres du village) où devait très probablement exister un ou plusieurs ports dits de « rupture de charge » où les navires trop grands pour remonter le Rhône étaient déchargés de leur cargaison. D’autres bateaux à fond plat (voir celui du musée d’Arles) reprenaient les marchandises (marbre, métaux, céramiques et autres) pour les convoyer jusqu’à Arles et au delà.

Restitution hypothétique de l’embouchure de Saint Ferrerol, dessin : Luc Long

Le livre est admirablement documenté par des photos des trouvailles mises au jour : des sculptures en bronze : anses de vases à têtes de gorgone, un superbe satyre, embouchures de vases, etc., quelques sculptures en marbre, des pesons en plomb, les matériaux fragiles ou organiques s’étant désagrégés dans l’eau de mer. Il fourmille d’informations sur ses découvertes depuis plus de quarante ans (les fouilles continuent). 

Tête du Satyre des Saintes Maries (détail, photo L. Roux)

Des dessins soignés et très expressifs de l’auteur permet au lecteur non spécialiste de visualiser ses hypothèses de restitution de ports, temples, rivages, etc.

Dessin Luc Long

L’auteur revisite la riche histoire de la région. Après la période antique, il retrace avec le chapitre : « Des croisades au Marquis », les fouilles de la période médiévale et moderne qui ont permis de révéler des épaves, des fortifications ou des architectures. 

Cet ouvrage aborde aussi les aspects environnementaux et ethnographiques, jusqu’à l’étude détaillée des différents types de barques de pêcheurs qui ont sillonné la région (il montre même une photo de la reconstitution du tableau des « Barques sur la plage » de Van Gogh que j’ai initiée en 2019 en collaboration avec l’association des voiles latines de Bouzigues.

Dans un dernier chapitre intitulé « La chute d’Icare » (encore un symbole de Van Gogh qui s’est brûlé au soleil de Provence), l’auteur revient sur « les affres de cette côte extrême, sauvage et dynamique, qui n’a cessé d’évoluer tout au long du combat millénaire entre la mer et le fleuve ». Et ce n’est pas fini, la mer ne cessant d’avancer, continue de menacer le rivage… 

Un livre précieux pour tous les amoureux du village des Saintes-Maries de la Mer (qui a attiré Mistral, Van Gogh et Bob Dylan et bien d’autres), de la Camargue, des plages de sable et de ses rivages ondoyants.  

Ce livre annonce également l’ouverture prochaine d’un Musée d’Histoire Maritime aux Saintes-Maries destiné à mettre en valeur l’ensemble du riche patrimoine qui a été mis au jour au large de la Camargue au cours des fouilles sous-marines menés par Luc Long depuis près de 40 ans.

Luc Long
Camargue Maritime
D’Artémis à Baroncelli
Sur les traces des trésors enfouis au larges des Saintes-Maries de la Mer

Éditions Georges Naef

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