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Après Un Eté pour Matisse (2013), Promenade(S) des Anglais (2015), Ecole(S) de Nice (2017), et L’Odyssée du Cinéma (2019), cette cinquième Biennale des Arts de Nice coordonnée par Jean-Jacques Aillagon a choisi pour thème : la fleur.

Les Musées de Nice y participent, mais aussi la Galerie de Eva Vautier qui a réuni un groupe de ses jeunes talents pour travailler sur ce thème depuis longtemps abordé par les artistes.

Si Nice est depuis longtemps une des capitales mondiales de la fleur, elle est surtout renommée pour avoir pour la première fois  inventé les « Batailles de Fleurs ». C’est l’écrivain poète-jardinier Alphonse Karr, installé à Nice depuis 1850 qui est à l’origine de la première « Bataille ». Il en avait rêvé et convainc en 1876 Andriot Saëtone, le maître d’œuvre du Carnaval, d’organiser la première bataille de fleurs. 

Des terrasses et des maisons bordant le Cours Saleya, des balcons et des jardins suspendus (au niveau du premier étage) de l’Etablissement Littéraire Visconti, les festivaliers s’envoyaient les fleurs qui poussaient abondamment sur nos collines, surtout du mimosa, des marguerites, des œillets et du lys. Avant les fleurs, pendant le Carnaval, on se jetait plutôt du plâtre et des bonbons (les confettis : dragées en italien), ceux en papier ne sont arrivés que vers 1890.

Le Carnaval puis les Batailles de Fleurs se déroulaient alors sur le Cours Saleya (après les rues du vieux Nice et avant la Promenade). Des chars fleuris (tirés par les chevaux), accompagnés par musiciens et des danseurs, les jeunes femmes lançaient des fleurs aux spectateurs (voir le livre et le film d’Annie Sidro la grande spécialiste du Carnaval). Cette bataille non violente a heureusement perduré et aujourd’hui plus de 100 000 fleurs sont utilisées pendant les festivités. De nombreux pays depuis ont adopté cette guerre pour une fois pacifique. 

La fleur est le symbole la vie dans toute sa beauté. C’est Zéphyr, le vent de l’ouest fils d’Éole, le maître des Vents, qui, tombé amoureux de Flore, déesse du monde végétal, l’enlève et  l’épouse. En gage de son amour, il lui offre de régner sur les champs et jardins cultivés. La fleur est depuis devenue un symbole féminin de grâce et de fragilité. Elle a donné naissance à un langage et à des expressions positives : faire une fleur, jeter des fleurs, arriver comme une fleur, à la fleur de l’âge, etc. Elle est également connotée avec la mort. On fleurit une tombe pour rendre hommage aux défunts. 

La beauté de la fleur manifeste son désir de plaire. Elle se fait belle et parfumée car elle doit attirer des insectes pollinisateurs pour permettre le transport du pollen. La plupart des fleurs sont hermaphrodites, elles ont à la fois des organes reproducteurs mâles (étamines) et femelles (pistil = ovaire). La pollinisation étant une étape préalable à la fécondation, elle est l’organe de la reproduction sexuée permettant le cycle de vie des plantes. La fleur représente aussi l’espérance car elle annonce la future naissance du fruit.

L’homme a toujours aimé les fleurs pour leur beauté, pour leur parfum et les ont utilisées dans leurs parures. De la préhistoire à nos jours, ils ont magnifié la fleur dans toutes ses variétés et ses couleurs. À Nice, Matisse, Chagall, Dufy, Trachel, etc., ont peint de très belles œuvres sur ce thème et c’est à la nouvelle génération d’artistes de sa galerie qu’Eva Vautier consacre une exposition.

La fleur dans tous ses états ou « a rose is a petunia is a mimosa », titre de l’exposition, de la Galerie Eva Vautier montre une très grande variété d’approches.

Si Benoît Barbagli se pare d’une barbe fleurie de mimosa et Natacha Lesueur d’une rose admirablement composée de tranches de jambon cru, Annie Vautier expose quelques pots de fleurs « qu’elle arrose tous les soirs » (reprise d’une performance faite en 1967), le geste le plus simple, le plus impliqué et le plus poétique d’une relation intime établie avec le végétal.

Agnès Vitani montre ses « fleurs de doigts » réalisées à partir de gants (Pièges à doigts) perdus dans la rue, Uglee travaille sur les tulipes qu’elle recompose en idéogrammes, Takako Saito remplit une boîte des pollens de pissenlits qu’elle a soufflés, Nathalie Gilles grave ses fleurs hybrides et faussement naïves sur un miroir, Gérald Panighi présente plusieurs de ses vignettes comportant ses phrases poético-énigmatiques accompagnées « d’impressions » de fleurs dessinées.

A voir également les peintures sensibles de fleurs de Ingrid Luche, de Grégory Forstner, Nina Childress, un Ben fleuri de 1987 intitulé « art », et beaucoup d’autres œuvres originales.

Artistes représentés : Benoit Barbagli, Frédéric Bauchet, Ben, Marc Chevalier, Nina Childress, Gregory Forstner, Camille Franch-Guerra, Anita Gauran, Nathalie Gilles, Amon Ezra Kaiser, Natacha Lesueur, Ingrid Luche, Marie Noury, Gérald Panighi, Bruno Pélassy, Hugues Reip, Takako Saito, Alain Séchas, Unglee, Annie Vautier et Agnès Vitani.

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