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Comme chaque année, le Château Sainte Roseline présente son exposition d’été. Dans l’environnement exceptionnel de ce prestigieux vignoble, la « châtelaine » Aurélie Bertin, a inauguré cette semaine les sculptures de Jaume Plensa.

Jaume Plensa est un sculpteur qui s’attaque à la matière non avec un burin et un ciseau, mais avec des outils issus de l’informatique, de la robotique et des techniques d’éclairage. La matière n’est pas décisive pour lui, pour chaque projet il choisit laquelle serait la plus adéquate à sa nouvelle création, d’autant que les sculptures monumentales en extérieur obligent à un grand nombre de contraintes.

Ses « figures de femmes » sont intemporelles, leurs visages énigmatiques semblent imposer le silence et inciter à la méditation, renvoyant aux mots d’Emmanuel Lévinas : « le visage est nu et sans défense. Il se donne à voir et parle avant de parler. Ambivalent et complexe, excédant toute description, il est un mystère. Il nous regarde et nous inquiète aussi, car, nécessairement, derrière le visage, il y a un sujet qui me rend responsable ».   Ainsi, chacun des visages de Plensa nous interroge, sollicitant notre attention, notre réflexion. L’an dernier à New York (au sud de Manhattan),  sa majestueuse et immense sculpture en résine de 22 mètres de haut, a été particulièrement remarquée. Se détachant sur fond de buildings, avec son index pressé sur les lèvres, elle semble demander aux passants un silence impossible. 

Au Château Sainte Roseline, on peut admirer cinq de ses récentes créations dont chacune a été réalisée dans une matière et avec une technique particulière.

A l’entrée, nous sommes accueillis par une immense tête particulièrement surprenante par sa forme. Elle a été anamorphosée grâce à un logiciel puis numérisée pour être fabriquée en fonte de fer. Si de loin, elle apparaît normale, quand on s’en approche, son visage étiré, comme aplati, renvoie une expression complexe et ambiguë.

Face à chapelle Sainte Roseline (classée monument historique) deux autres sculptures de têtes sont présentes.

Un tête sereine en marbre blanc veiné verticalement d’une toute jeune fille entre l’enfance et l’adolescence. Les yeux fermés, elle semble réfléchir, penser ou écouter sereinement le vent ou le chant des oiseaux.

Une autre, son pendant, mais plus petite, est en bronze. Le fait de changer de matière rend son expression différente, celle-ci imposant une douce mais puissante présence.  

La Chapelle Sainte Roseline renferme une superbe mosaïque de Chagall, un bas relief en bronze de Giacometti, plusieurs peintures, un beau et rare jubé et dans une chasse de  verre, l’impressionnante dépouille de la sainte. Devant l’entrée, un personnage sans visage de Plensa est assis, ses bras enserrant ses jambes. Son corps est constitué de notes de musique (en acier corten) qui font office de vêtement.

À l’intérieur du caveau de ventes, on retrouve un autre personnage accroupi sur une grande pierre arrondie constitué de lettres (en acier) de plusieurs alphabets (français, hébreu, arabe, chinois, etc.), comme un manteau de signes qui couvrirait son corps. 

Comme Lacan qui parle d’un « corps tatoué de mots », pour Plensa, « la langue enveloppe la matière, l’énergie et l’être », elle est un « territoire de mots » qui recouvre le corps comme une seconde peau. 

Avec ses visages et ses corps réinventés et sublimés il se veut : « Sculpteur d’âmes » 

Exposition de juillet à septembre 

Château Sainte Roseline

1854 route de Sainte Roseline

83460 Les Arcs sur Argens

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