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TRACTS, SALVES, FLAMMES 

Le Narcissio, une association très active, a accueilli cette installation pendant trois mois. L’exposition est finie. J’ai pu la voir le dernier jour. Espérons qu’elle circule, soit visible un peu partout. Elle raconte notre monde comme peu d’œuvres savent le faire.

Entre Fiel et Terre

C’est une fresque, un cortège macabre, un film de morts-vivants, une foule haineuse au service de la pulsion, des passions négatives. Elle est terrible, effrayante. On les a déjà vu ces masses unies par la haine de l’autre. L’histoire en est pleine. Elles viennent de loin ces figures déformées, poings et mains levés, porteuses de pancartes suintant de méchanceté, de bêtise. Elles avancent en hurlant des slogans simplistes, xénophobes, hostiles, à la limite de l’humanité. Car ils sont humains, pauvres humains, qui n’ont pas trouvé d’autres issues à leurs frustrations, à leur mal-être, que la détestation, la rancune, l’animosité.

Les puissants les ont abandonnés, les prophètes de malheur s’en servent pour attiser les haines qui permettent aux pouvoirs de se maintenir.

C’est le silence dans la salle du Narcissio, mais on entend leur brouhaha, leurs pas pesants, le grondement d’une cohue en mouvement. 

Captivés par l’intensité de cette procession, on pourrait rester des heures à regarder chacune de ces figures grotesques, de ces gueules cassées déformées par le ressentiment. Des arrêts sur images nous permettent de détailler des attitudes et des visages. Ces mille sept cent figurines, avancent vers l’entrée, on craint qu’elles déboulent dans la rue…

Le fourmillement, les grouillements humains, les batailles qui ont toujours habité l’esprit et la main de Quentin trouvent leur apogée dans cette œuvre grandiose. On peut se demander de quelles profondeurs de leur âme les doux frères Spohn ont pu extraire pendant quatre ans tous ces personnages en terre, façonnés un à un, cuits au four, puis positionnés dans une scénographie grandiose. La lumière rouge qui baigne l’ensemble, ajoutant à la dramaturgie, n’était pas nécessaire. L’œuvre se suffit d’elle-même. 

Bien sûr les références sont nombreuses : Brueghel, Grosz, Bosch, Otto Dix, etc. C’est une œuvre cultivée, réfléchie, qui vient de loin. 

Quentin l’explique dans son interview. Ci-dessous

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